Les trois portes de la sagesse

Un roi avait pour fils unique une jeune prince courageux habile et intelligent! Pour parfaire son apprentissage de la vie, il l'envoya auprès d'un vieux sage.

" Eclaire moi sur le sentier de la vie" demanda le prince

" Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le sage, cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route , tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacunes dentres elles. un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va maintenant, suis cette route , droit devant toi. "

Le vieux sage disparut.

Le prince s'engagea sur le chemin de la vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

" CHANGE LE MONDE "

" C'était bien là mon intention, pensa le prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde d'autres ne me conviennent pas "
Et il entama son premier combat. Son idéal , sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde à entreprendre à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérent , mais pas l'apaisement du coeur. Il réussi à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent . Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le vieux sage qui lui demande: " Qu'as tu appris sur le chemin?"

" J'ai appris , répondis le prince , à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépends de moi et ce qui n'en dépends pas."

" c'est bien , dit le vieil homme . Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe a ton emprise ." Et il disparut

Peu après , le prince se trouva face à une seconde porte . On pouvait y lire :

" CHANGE LES AUTRES".

" C'était bien là mon intention, pensa t-il. Les autres sont sources de plaisir, de joie et de satisfaction, mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration".

Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défaults.
Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent . Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisat le vieux sage qui lui demanda: " Qu'as tu appris sur le chemin?"

" J'ai appris, répondit le prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racines toutes ces choses."

"Tu as raison, dit le sage. Parce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent a toi même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais soit le aussi envers ceux qui font naitre en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir".
Et le vieil homme disparut.

Peu après, le prince arriva devant une porte ou figurait ces mots :

" CHANGE TOI TOI- MÊME"

Si je suis moi même la cause de mes problèmes c'est bien ce qu'il me reste à faire. se dit il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à suprimer ses défaults, à changer tout ce qui ne lui plaisit pasen lui, tout ce qui ne coresspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat ou il connu quelques succès mais aussi des échecs et des résistences, le prince rencontra le sage qui lui demanda: " Qu'as tu appris sur le chemin?"

"J'ai appris, répondit le prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on arrive pas à briser". " c'est bien dit le sage".

" Oui poursuivi le prince, mais je commence à être las de me battre, contre tous, contre moi même. Cela ne finira t-il jamais? Quand trouverais je le repos? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise."

" C'est justement ton prochain apprentissage dit le vieux sage. Mais avant, d'aller plus loin, retourne toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.
Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:

"ACCEPTE TOI TOI MÊME"

Le prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription losqu'il avait affranchi la porte la première foisdans l'autre sens.
"Quand on combat on devient aveugle" se dit il.

Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpiller autour de lui, tout ce qu'il avait rejeter et combattu en lui : ses defauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaitre, à les accepter, à les aimer. Il appris à s'aimer lui même sans plus se comparer, se juger, se blamer.

Il rencontra le vieux sagequi lui demanda: " Qu'as tu appris sur le chemin?"
" J'ai appris, réponda le prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en encord avec moi même. J'ai appris à m'accepter moi même totalement inconditionnel."
" C'est bien dit le vieil homme, c'est la première sagesse. Maintenant tu peut repasser la troisième porte."

A peine arrivé de l'autre coté, le prince apercu au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

" ACCEPTE LES AUTRES"

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu. Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier.
« J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement"
« C'est bien, » dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

"ACCEPTE LE MONDE "


Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?
Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »
« C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita.

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence. »
Et le Vieil Homme disparut.

***

Sénèque à Paulinus! ( 65 ap.J.C.)

I La plupart des mortels, Paulinus, se plaignent de l’injuste rigueur de la nature, de ce que nous naissons pour une vie si courte, de ce que la mesure de temps qui nous est donnée fuit avec tant de vitesse, tant de rapidité, qu’à l’exception d’un très petit nombre, la vie délaisse le reste des hommes, au moment où ils s’apprêtaient à vivre. Cette disgrâce commune, à ce qu’on pense, n’a point fait gémir la foule seulement et le vulgaire insensé : même à d’illustres personnages ce sentiment a arraché des plaintes. [...]
Nous n’avons pas trop peu de temps, mais ...nous en perdons beaucoup.
La vie est assez longue ; elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. [...]

II Pourquoi ces plaintes contre la nature ? elle s’est montrée si bienveillante ! pour qui sait l’employer, la vie est assez longue. Mais l’un est dominé par une insatiable avarice ;
l’autre s’applique laborieusement à des travaux frivoles ; un autre se plonge dans le vin ; un autre s’endort dans l’inertie ; un autre nourrit une ambition toujours soumise aux jugements d’autrui ; un autre témérairement passionné pour le négoce est poussé par l’espoir du gain sur toutes les terres, par toutes les mers ; quelques-uns, tourmentés de l’ardeur des combats, ne sont jamais sans être occupés ou du soin de mettre les autres en péril ou de la crainte d’y tomber eux-mêmes. On en voit qui, dévoués à d’illustres ingrats, se consument dans une servitude volontaire.

Plusieurs convoitent la fortune d’autrui ou maudissent leur destinée ; la plupart des hommes, n’ayant point de but certain, cédant à une légèreté vague, inconstante, importune à elle-même, sont ballottés sans cesse en de nouveaux desseins ; quelques-uns ne trouvent rien qui les attire ni qui leur plaise : et la mort les surprend dans leur langueur et leur incertitude. [...]

III [...] Quelle en est donc la cause ? Mortels, vous vivez comme si vous deviez toujours vivre.

Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence ; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé ; et vous le perdez comme s’il coulait d’une source intarissable,
tandis que ce jour, que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire, est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels ; à vos désirs on vous dirait immortels. [...]

IV Entendez les paroles qui échappent aux hommes les plus puissants, les plus élevés en dignité ; ils désirent le repos, ils vantent ses douceurs, ils le mettent au-dessus de tous les autres biens dont ils jouissent, ils n’aspirent qu’à descendre du faîte des grandeurs, pourvu qu’ils puissent le faire sans danger ; car bien que rien au dehors ne l’attaque ni ne l’ébranle, la fortune est sujette à s’écrouler sur elle-même.

Le divin Auguste, à qui les dieux avaient plus accordé qu’à tout autre mortel, ne cessa de réclamer pour soi le repos et de souhaiter d’être délivré des soins du gouvernement.

Dans tous ses discours il en revenait toujours à ce point qu’il espérait pour lui le repos. Au milieu de ses travaux il trouvait pour les alléger une consolation illusoire, mais douce toutefois, en se disant : Quelque jour je vivrai pour moi. [...]

XIV Ceux-là seuls jouissent du repos, qui se consacrent à l’étude de la sagesse. Seuls ils vivent ; car non seulement ils mettent à profit leur existence, mais ils y ajoutent celle de toutes les générations. Toutes les années qui ont précédé leur naissance leur sont acquises. [...] Aucun siècle ne nous est interdit : tous nous sont ouverts ; et si la grandeur de notre esprit nous porte à sortir des entraves de la faiblesse humaine, grand est l’espace de temps que nous pouvons parcourir.

Je puis discuter avec Socrate, douter avec Carnéade, jouir du repos avec Épicure ; avec les stoïciens, vaincre la nature humaine ; avec les cyniques, dépasser sa portée ; enfin, marcher d’un pas égal avec la nature elle-même, être contemporain de tous les siècles. Pourquoi, de cet intervalle de temps si court, si incertain, ne m’élancerais-je pas vers ces espaces immenses, éternels, qui me mettraient en communauté avec les meilleurs des hommes ? [...]

XV [...] Quelle félicité, quelle belle vieillesse sont réservées à celui qui s’est mis sous leur patronage ! il aura des amis avec lesquels il pourra délibérer sur les plus grandes comme sur les plus petites affaires, recevoir tous les jours des conseils, entendre la vérité sans injure, la louange sans flatterie, et les prendre pour modèles. [...]

Sénèque, Traduction de M. Charpentier, 1860

****

LES TROIS PASSOIRES

On raconte q'un jour, quelqu'un vint trouver Socrate, un philosophe de la Grèce antique pour lui dire :

- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?

- Un instant, répondit Socrate. Ce que tu as à me dire, l'as-tu fait passer par les trois passoires ?

- Les trois passoires ?

- Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est vrai ?

- Non, pas vraiment. Je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendue dire…

- Très bien ! Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Essayons maintenant de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?

- Ah non ! Au contraire ! J'ai entendu dire que ton ami avait très mal agi.

- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es pas sûr qu'elles soient vraies. Ce n'est pas très prometteur ! Il reste encore une passoire, celle de l'utilité.

Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

- Utile ? Non pas réellement, je ne crois pas que ce soit utile…

- Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? Je ne veux rien savoir et, de ton côté, tu ferais mieux d'oublier tout cela.

***

Invitation de la Folie !
(fable de Jean de la Fontaine).
.

La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle.
Tous les invités y allèrent.
Après le café la Folie proposa :
- On joue à cache-cache ?
- Cache-cache ? C'est quoi, ça ? demanda la Curiosité.
- Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez.
Quand j'ai fini de compter… je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.

Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.
- 1, 2, 3… La Folie commença à compter.
L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.
La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.
La Joie courut au milieu du jardin.
La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher.
L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.
La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.
Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.
- CENT ! cria la Folie, je vais commencer à chercher...

La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier.
En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché.
Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité...
Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda :
Où est l'Amour ?
Personne ne l'avait vu.
La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers.
Mais elle ne trouvait pas l'Amour.
Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches,
lorsque soudain elle entendit un cri : C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un œil.
la Folie ne savait pas quoi faire.
Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours. L'Amour accepta les excuses.
Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours.

Jean de la Fontaine

*

Voir aussi: 09

*****

LA SIMPLICITE
(Un conseil de Pierrot)

Que la joie ne vous quitte jamais! et les mois et les années qui viennent vous reservent encore de nouvelles bénédictions en abondance.

Ayez soin, surtout, d'en faire bénéficier les autres. Car entre les humains, tout autour du monde, passant de l'un à l'autre, peut et doit circuler
le grand courant de l'AMOUR.

Mettez un peu de soleil dans la vie de votre prochain! A son tour, il en passera quelque chose à son voisin.
Aimez et sachez rire! Egayez tout le monde!
Efforcez-vous de comprendre les autres. Pour cela il vous faudra les aimer...

Faites en sorte que, jour après jour, les gens que vous rencontrez soient heureux de vous voir vivant.
Heureux parce qu'ils vous ont rencontré, vous qui leur apportez, même en passant, la joie, la paix et l'amour qui chassent la peur.

"Soyez simples dans vos pensées et dans vos actes, car c'est dans la simplicité que résident non seulement la grandeur mais aussi la force!"

****

LE VOILE DE MAYA

Pourquoi Jacques TATI, dans Mon Oncle, Trafic et surtout Play Time, accorde-t-il tant d'importance aux vitres, vitrines et autres pare-brise ?
et non pas comme Cocteau, dont pourtant, dans Orphée, un certain vitrier marque la mémoire, aux miroirs ?

Toute la différence de leur conception de la vie et de l'art tient pour moi
dans ce paradigme du miroir pour l'un et de la vitre pour l'autre.

Le miroir est ce qui, produisant de l'image, nous dévoile le processus par lequel, pour une part essentielle,
nous appréhendons le monde : le miroir révèle le regard et fait du monde une chose vue.
Cocteau, au cinéma, est
celui qui ne nous montre pas le monde mais son image,
c'est un monde
imaginaire qu'il nous demande, à la manière d'Alice aux pays des merveilles, de traverser.
C'est par la traversée du miroir qu'Orphée accède aux Enfers,

c'est en apercevant l'image d'Eurydice dans le rétroviseur de sa voiture qu'
il la perd,
c'est par la traversée de l'image de la Bête que se révèle à la
Beauté.
Le monde de Cocteau est un monde d'images, son
ressort créateur,
la dialectique du miroir et de l'image, c'est un monde
spectaculaire.

*

Chez Tati ce qui commande la vision du monde, c'est la vitre.
C'est en utilisant la vitre d'une fenêtre de la terrasse de sa mansarde qui fait office de miroir,
que M. Hulot dirige la lumière du soleil sur la cage du canari pour le faire chanter.
Dans Play Time, M. Hulot apercevant son reflet dans une vitre s'en trouve désorienté et ne sait plus où donner de la tête, son identité vacille.
M. Hulot ne voit pas la vitre de la porte de sortie du restaurant et la brise.
Le chasseur ramasse le gros bouton de cuivre et une porte imaginaire à l'entrée et à la sortie des consommateurs
qui ne s'aperçoivent de rien.
La vitre est ce qui, disparaissant, résiste à
sa disparition, c'est le voile de Maya qui tantôt laisse apercevoir des reflets,
tantôt dévoile son être dans le néant de son apparence. La vitre est ce qui dévoile l'illusion de l'image.

Ainsi le monde de Tati est un monde d'illusions et de reflets, c'est un monde vacillant.

Jean-Michel Mayot
Un ami poète rencontré à
Union des Ecrivains Vosgiens et de l'Est
Jean-Michel nos a quitté en juillet 2009.
Il se savait condamné
par un mal implacable.
Un recueil de Jean-Michel a été édité par l'U.E.V.
"Ce creux en nous d'Eternité"
Notre dernière correspondance s'est faite sous forme de Tanka:

TANKA DU SOUPIR

Oiseau disparu
Comme il est lourd ton silence
Mon coeur en errance
Sous la cendre se suspend
Au clair fouillis de tes ailes


J.M. Mayot ©

*
Soupir automnal

Notes perdues sur portée
Bise musicale
Les feuilles se sont envolées
Tombée d'un manteau glacial


Pierre Fetzer©

*****

LES CROYANCES

Le premier soir, Un berger s'arrête pour bivouaquer non loin de la maison d'un vieil ermite.

Au moment d'attacher son dernier âne, il s'aperçoit qu'il lui manque une corde.

Si je n'attache pas mon âne se dit-il demain, il se sera sauvé dans la montagne!

Il monte sur son âne après avoir solidement attaché les deux autres et prend la direction de la maison du vieil hermite.

Arrivé, il demande au vieil homme s'il n'aurait pas une corde à lui donner.

Le vieillard avait depuis longtemps fait vœux de pauvreté et n'avait pas la moindre corde, cependant, il s'adressa au paysan et lui dit:

"retourne à ton campement et comme chaque jour fait le geste de passer une corde autour du cou de ton âne et n'oublie pas de feindre de l'attacher à un arbre."

Perdu pour perdu, le paysan fit exactement ce que lui avait conseillé le vieil homme.

Le lendemain dès qu'il fût réveillé, le premier regard du paysan fût pour son âne.

Il était toujours là!

Après avoir chargé les trois baudets, il décide de se mettre en route, mais là, il eut beau faire, tirer sur son âne, le pousser, rien n'y fit.

L'âne refusait de bouger.

Désespéré, il retourne voir l'Hermite et lui raconte sa mauvaise aventure.

As-tu pensé à enlever la corde? lui demanda-t-il.

Il n'y a pas de corde répondit le paysan.

Pour toi oui mais pour l'âne...

Le paysan retourne au campement et d'un ample mouvement, il mime le geste de retirer la corde.

L'âne sans aucune résistance le suit.

*

Ne nous moquons pas de cet âne.

L'âne voit son maître jours après jours faire le geste de l'attacher avec une vrai corde. Maintenant lorsque son maître fait le geste, il croit être attaché.

Nous sommes souvent comme cet âne. Ce qui a donné naissance à une croyance peut bien disparaître.

La croyance, elle, demeure...

Lettre de notre ami Franck Alleron

***

LE BON SAMARITAIN
Dans les Evangiles chrétiens, c'est un simple citoyen...
Luc 10,25/37
Ici, c'est un enfant
, tout simplement!

Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.

Un cartésien se pencha et lui dit: "Vous n'êtes pas rationnel, vous auriez dù voir ce trou".

Un spiritualiste le vit et dit: " Vous avez dû commettre quelque péché".

Un scientifique calcula la profondeur du trou.

Un journaliste l'interviewa sur ses douleurs.

Un Yogi lui dit: " Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur".

Un médecin lui lança deux comprimés d'aspirine.

Une infirmière s'assit sur le bord et pleura avec lui en attendant les secours.

Un thérapeute l'incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.

Une pratiquante de la pensée positive l'exhorta: "Quand on veut, on peut !"

Un optimiste lui dit:: " Vous auriez pu vous casser une jambe".

Un pessimiste ajouta: " Et ça risque d'empirer ! ".


Puis un enfant passa et lui tendit la main ...

Anonyme

***

 

FLOCON DE NEIGE

A tous ceux qui croient à la puissance d'un ultime flocon de neige...pour casser les branches pourries....
et au petit grain de sable qui stoppe l'engrenage des machines infernales !!!
Nos actions et nos messages, si petits soient-ils, s'ajoutent en ce monde par millions.

Pierfetz - Pierrot des Vosges

« Dis-moi combien pèse un flocon de neige ? » demanda la mésange charbonnière à la colombe.

« Rien d'autre que rien », fut la réponse.

Et la mésange raconta alors à la colombe une histoire :

« J'étais sur la branche d'un sapin quand il se mit à neiger.

Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence.

Comme je n'avais rien de mieux à faire, je commençai à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais.

Il en tomba 3 751 952. Lorsque le 3 751 953 ème tomba sur la branche, celle-ci cassa ».

Sur ce, la mésange s'envola.

La colombe, une autorité en matière de paix
depuis l'époque d'un certain Noé. On réfléchit un moment et on se dit finalement :

« Peut-être ne manque-t-il qu'une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix ? »

Tiré de : Artisans de Paix

****

LES ECOLES DE SAGESSE

Elles ont été multiples. Elles sont de plus en plus nombreuses!
Le chancre de notre époque est que l'argent les pourrit souvent!

Réconcilier l'homme avec son environnement...
Une transmutation de la matière par l'esprit
...

Nous ne traiterons pas ici des nombreuses écoles d'enrichissement personnel ( souvent commerciales!),
des Arts Martiaux qui apportent la maîtrise du corps et de l'esprit avec calme , relaxation, respiration...,
des études ésotériques qui foisonnent sur le Net et font rêver, des écoles de philosophie et de méditation etc...
Sans adhérer pleinement et s'engager à vie, sur un simple coup de coeur, dans des communautés particulières,
dans notre monde où tout change très rapidement, où l'on remet tout en question, il est bon d'équilibrer notre vie intérieure
pour mieux étudier, sans risque, en toute liberté de choix, les nouvelles solutions secrètes et parfois envoûtantes.
Mais je tiens à signaler que les recherches sélectionnées dans ces pages ne sont pas le fruit d'un engagement personnel.

Ainsi, on peut lire, avec intérêt, une bonne étude, parmi tant d'autres, de mon ami Frédéric Lenoir:
FREDERIC LENOIR

*
On peut toujours rêver avec une prophétie idéale,même utopique?
Le Message Evangélique me semble plus réaliste,
s'il est présenté de bonne manière...

Mais pourquoi un être créé, imparfait, serait-il capable de se sublimer seul
sans l'intervention d'une force supérieure qui le recrée sans cesse?
Oublier le sacré et le divin, c'est s'éloigner de la Force d'Amour originelle, je le pense...
C'est une utopie humaine démesurée, me semble t-il !

PROPHETIE DES ANDES

***

RÊVONS PLUS LOIN ENCORE!!!
( En dehors des clous!)

Sur Internet et sous réserve de fonctionnement, voici des vidéos-conférences avec traduction:

LES DOGMES ET LA SCIENCE REMIS EN QUESTION
Conférences les plus sérieuses et les plus déjantées, pour réfléchir et rêver!

***

Si vous pouvez obtenir internet, consultez aussi mes pages de philosophie,
dans mon site http://arciel88.fr

PHILOSOPHIE ET SAGESSES

Selon la perennité de leur fonctionnement?

***

LES CHEMINS DE LA CONNAISSANCE

***

Retour  Menu  suite