Le 26 août 2008

Conseil d’Administration du samedi 20 septembre 2008
Proposition d’un « groupe de recherche »
qui a pour objet « la Théodiversité »

Argumentaire

Dans les Réseaux du Parvis nous avons des expressions diversifiées de nos convictions, de nos croyances, … Nous sommes en recherche de sens.

Différentes approches existent dans l’expression et l’élaboration qui concernent le domaine de la foi.
Nous souhaitons privilégier des recherches de sens dans le contexte d’aujourd’hui pour réinventer la Parole de Dieu en passant par l’homme.
Nous disons Dieu de façon plurielle.
Ce texte a pour but d’ouvrir quelques portes pour débattre, apporter des expériences personnelles, des témoignages, des analyses, …

A -Des constats

1-Nous sommes paroles

Il n’y a que les personnes qui parlent, qui font parler les réalités, qui nomment les êtres et les choses, les évènements, qui donnent des significations à partir du vécu, de l’histoire personnelle.

« Il n’y a pas de réalité en dehors d’une théorie qui la nomme » Einstein.
La parole passe par la personne, le sujet parlant.

2-Nous construisons des représentations plurielles, diverses

Nous construisons constamment des représentations pour dire les évènements, les êtres et les choses. Ces représentations sont construites à partir de notre histoire, de nos expériences.

« La représentation est un processus d’élaboration perceptive et mentale de la réalité qui transforme les personnes, les contextes, les situations en catégories symboliques…Les significations passent par des images et ces images produisent des significations » Moscovici.

La représentation a un contenu symbolique.

Nos représentations sont plurielles, diverses. Dans ces représentations, il y a des implications affectives, émotionnelles, dans un rapport de symbolisation.

3-Nous sommes actions, personnelles, en lien avec d’autres. Nous participons à des réflexions, des
engagements.

4-Nous avons des convictions qui nous font vivre et qui nous animent.


Nous disons nos convictions, nos croyances, notre foi, nos doutes, nos incertitudes.
Il n’y a pas d’hommes sans croyances. Nous avons des croyances diverses : religieuses, économiques, scientifiques…
La croyance n’est jamais totale, la croyance et le doute sont liés.
Deux dangers :

1-avoir des croyances trop fortes : verrouillage, fanatisme…

2-le doute permanent, « la fatigue d’être soi » Ehrenberg.
La métaphore du pont : toute croyance est un pont jeté sur l’abime du monde, un pont sur l’inconnaissable, l’infini du précipice. On peut s’engager sur le pont avec un char d’assaut ou affronter les yeux bandés le vertige ou bien affronter le vertige en affrontant le sentiment du vide…


Il y a deux types de religiosités :

1- Ceux qui acceptent l’incertitude, la pluralité des vérités et des systèmes de sens, à chacun d’élaborer ses réponses pour son propre compte. Il y a un coût psychologique : l’inquiétude pour l’avenir, le manque de certitudes, la solitude existentielle, une insécurité…

2- Ceux qui ont des certitudes, des repères stables, des validations communautaires, institutionnelles…

 

5-Nous sommes construits par l’histoire...

Une histoire familiale, affective, identitaire, en lien avec l’histoire des autres.
Nous avons des références en lien avec les grands récits : la Bible, les Evangiles, la vie de Jésus de Nazareth exprimée dans les textes des témoins, la réflexion des philosophes au cours des siècles, les traditions…

6-La Spiritualité c’est la vie de l’esprit


« La spiritualité, c’est la vie de l’esprit dans son rapport à l’absolu, l’infini, l’éternité » André Comte-Sponville.

Les Athées n’ont pas moins d’esprit que les autres.

7-Le phénomène religieux est une expérience subjective et affective


-« La religion navigue entre la tradition, l’histoire et l’intimité de l’expérience personnelle » Frédéric Lenoir.

-« Le phénomène religieux est une expérience subjective et affective intense de l’individu qui prend conscience d’être relié à des forces qui le dépassent » F. Lenoir.

-« J’ai dû inventer Dieu vers 9 ans, Dieu est invisible, mais il se perçoit et cette sensorialité symbolise sa présence, une présence sans forme religieuse, je l’éprouvais comme une rencontre parentale qui jouait le rôle sécurisant d’une mère et dynamisant d’un père »… Boris Cyrulnick.

8-Nous sommes en quête de sens
-Nous recherchons du sens : une direction, du ressenti, à partir de nos 5 sens et une signification. En partant du réel, du vécu, de nos expériences personnelles et collectives, nous réfléchissons en passant par l’imaginaire et le symbolique.
Chacun construit son itinéraire de croyant à partir d’une quête d’identité. Nous partageons cette recherche
avec d’autres. Nous rencontrons des témoins.

-Nous sommes dans le cadre du « bricolage » au sens de « l’éloge du bricolage » selon Claude Levi Strauss (Les sociétés bricolent leurs mythes) : « le bricolage est une science du concret : le bricoleur tente, jour après jour, de faire face aux réalités avec les moyens du bord, le bricoleur interroge un ensemble hétéroclite d’outils et de matériaux qu’il a accumulés en vertu du principe « ça peut toujours servir », bricoler, c’est inventer, créer…

B - Le Contexte


Les mots ont un sens dans un temps, un contexte. Nous réfléchissons, nous élaborons dans
l’aujourd’hui de l’histoire.

Quelques thèmes du contexte d’aujourd’hui

 

1-La sortie des systèmes idéologiques et religieux, la privatisation de la foi.

2-L’effondrement des Institutions, la dislocation du collectif.

3-
L’hyper-individualisme, le morcellement de la société, la précarité, les inégalités, les superprofits, les Etrangers, les quartiers, la marchandisation : l’homme devient une marchandise… Les catastrophes écologiques qui se multiplient, des continents entiers sont pillés par l’économie néolibérale, les terrorismes, les multiples menaces, l’incertitude dans l’avenir…


Et aussi les multiples engagements humanitaires et militants.

4- Deux conceptions de l’homme

1- L’homme est représenté comme un montage de gènes et de neurones, amené à des conduites sociales par le conditionnement. C’est la représentation scientiste de l’homme neuronal, génétique et comportemental. Cette représentation entraîne un contrôle social, un dépistage généralisé, une rééducation avec des visées de
surveillance et de répression. Le néo-libéralisme s’appuie sur cette conception de l’humain qui conduit à son instrumentalisation à sa chosification comme une marchandise.

2- L’homme est représenté comme un être complexe et inachevé dépendant d’un environnement social. Il est capable d’évolution, de créativité. Il a des capacités éthiques, il peut se mobiliser pour des valeurs avec aussi des penchants a-sociaux et destructeurs.
Un être en partie obscur à lui-même et aux autres avec un fonctionnement de l’inconscient, mais aussi un sujet désirant capable de choix et d’évolution, capable de changer son environnement, un homme créatif…

C - Etre Créatif

1-La foi est un cheminement personnel et collectif…

2-Valoriser les regroupements ouverts et changeants, les réseaux, les vécus, les témoignages…

3-Etre en communion dans le partage d’un même Esprit, se rassembler pour partager…

4-Construire des chemins d’humanisation, être à l’écoute dans ce qui se vit dans l’humain : la diversité des engagements, des écrits, des actions pour « devenir plus humain »
Yves Burdelot.

Soutenir des lieux de rencontre et de créativité.

Méthodologie

1-Recherche documentaire : rassembler les textes diversifiés qui nous semblent intéressants dans cette recherche, des expressions d’aujourd’hui, des textes créatifs, des célébrations…

2-A partir de nos expériences humaines, de nos histoires et de nos références, dire, écrire, élaborer une réflexion, des concepts qui disent, expriment nos convictions, nos croyances.
Rechercher et exprimer le sens pour notre vie dans le contexte sociétal actuel en lien avec l’histoire et l’Esprit de l’Evangile.

Maurice Elain

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