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Notre condition de mortels
Nous fait avoir horreur du vide..
L'oiseau s'envole à tire d'aile
Et l'avale, joyeux et rapide.
Regarder haut, lever la tête
Le suivre des yeux sur sa route,
Cesser d'avoir une âme inquiète,
Pouvoir en arracher le doute!

Vide en l'air,
Tombée de nid.
Gouffre en terre,
Tombée de lit.

*

Je me souviens des peurs d'enfance,
quand à la tombée de la nuit,
les petits chassent le sommeil
qui les engourdit, les saisit
en tombées pesantes dans le vide:
Un avant-goût de la vie...

Vivre en l'air.
Quitter le nid
Explorer le fond de la terre.
Vivre de jour comme de nuit !

 

 

*

Voler en Icare dans les airs.
Rêver, jouir tout éveillé.
Etre libre de s'envoler
sur un tapis, haut dans le ciel,
et y rencontrer des merveilles...

Vaincre la peur.
Voler un jour
D'Apesanteur...
En quête du grand Océan,
Comme Mouette et Goéland.

 

 

*

La terre tend ses bras d'arbres en ciel,
guirlandes d'oiseaux s'y accrochent...
Si je pouvais voler là-haut,
je prendrais un collier d'étoiles
que je scellerais sur ton cou
par un baiser, ma bien-aimée !

Quand je ne pourrai plus voler.
Quand mes ailes seront trop lourdes,
En terre d'exil je rêverai,
posé là comme une falourde !

 

 

*

Mon rêve peut bien s'alimenter
aux souvenirs du temps passé.
Tout petit, sur les coussins arrières d'une banquette,
j'aimais regarder la route qui s'enfuit avec ses arbres,
comme un tapis roulant jusqu'à l'horizon sans fin:
La VIE...
On dit qu'elle défile ainsi aux derniers instants,
avant le grand saut d'éternité...

L'Oiseau s'est figé dans la pierre,
Devenu sable comme rose des vents,
Il a bien changé de frontière
Pour se confondre à l'océan !

 

 

*

L'Océan , Création Ineffable...
Il m'a toujours surpris, parfois comblé,
parfois meurtri, souvent étonné,
selon les temps, les lieux, les années.
Sa rencontre peut être une fuite.
A peine l'embrassons nous qu'il se dissipe et s'échappe de nos mains. C'est l'oiseau de partout et nulle part qui disparait quand on le prend vivant. Nous en restons là, les mains vides de renommée et de reconnaissance.
Alors de mystérieuses portes s'ouvrent et nous percevons sa présence dès que nous embrassons l'AMOUR
!

 

 

Mon ultime pensée d'Oiseau-Lyre
Changera l'Amour en chanson,
Quand, par hasard le vide m'attire,
L'Apesanteur est diapason.

Quand nous serons là-haut, personne ne saura à quel sommet réel nous sommes arrivés. Nous toucherons,tous deux du doigt, les cimes blanches d'éternité.
Au couchant, elles se colorent d'un rose saumoné. Les jours de brume, elles se couvrent de "barbe à papa" ou d'anneaux de saturne, pour mieux sauvegarder notre rêve:
Notre Amour !

La Mouette et le Goéland
Portent nos coeurs blessés d'amour,
Quand le vide s'allie à l'absence,
Quand l'aurore ne trouve pas le jour.
Si, mon Amour, tu es présence,
L'oiseau vole en apesanteur.
C'est bien le secret du Bonheur!

"Et si tu n'existais pas dans mon coeur,
L'oiseau volerait sans bonheur..."
P.F.

 

 

 

Pierfetz 2002©

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