LA SOUFFRANCE

Cette page est aussi analysée dans notre rubrique "SPIRITUALITE"
( Autour du livre de JOB)

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I - NON, DIEU NE VEUT PAS
NOUS VOIR SOUFFRIR

Pour Veronique Margron, penser que la douleur est bonne parce qu'elle nous
permettrait de devenir meilleur, de mieux prier, est une idee perverse.

Veronique Margron, Doyenne de l'Université Catholique de l'Ouest, mène une carrière exigeante et assume des engagements multiples ... dont ses chroniques dans" La Vie".
Mais elle vit avec une douleur chronique lancinante dont aucune opération ni aucun traitement n'a eu raison.
Elle temoigne de I'impact de cet état sur sa foi.


<< La douleur peut faire perdre la foi, faire plonger dans le desespoir. C'est une épreuve spirituelle. >>


« La douleur physique est une saloperie. Elle n'est pas envoyee par Dieu pour nous punir ou nous rendre meilleur, comme on I'entend encore trop souvent. Dans les Evangiles, Jesus ne dit rien de la possibilité de sublimer la douleur quand il est face aux malades : il les guérit et les soulage. Dieu veut qu'on vive, non pas qu'on meure. S'imaginer que la douleur peut être bonne parce qu'elle me permettrait de mieux écrire, de mieux prier, de mieux vivre avec les autres, c'est vraiment pervers. Si j'ai toujours su que Dieu n'y était pour rien dans ma douleur, croire en lui est un vrai combat. Car au fur et à mesure que I'on essaie de I'écarter pour qu'elle ne soit pas Ie centre de I'existence, la douleur revient, et s'impose de façon obsédante. Il y a un stade où l'on tombe dans le non-sens absolu, prisonnier d'une force dévorante au fond de soi. La douleur peut faire perdre la foi, faire plonger dans Ie désespoir. Car croire en un Dieu qui m'aime et me veut du bien apparaît impossible.
C'est donc trop facile de dire que la foi peut être une force dans l'épreuve. Pour un chrétien, la douleur est redoutable car elle oblige a remanier ses images de Dieu.
C'est une épreuve spirituelle.
J'ai trouvé une plus grande justesse dans la foi, la force de vouloir habiter ma douleur depuis tant d'années. Je n'attends pas de Dieu qu'il me guérisse, mais je crois qu'i! accompagne tout instant.
II y a des moments où l'on se sent tellement seul, que même les plus proches ne peuvent pas vous rejoindre. Croire que le Christ est dans ma peau, et qu'il est le seul à pouvoir se tenir là, dans les heures de crise en particulier, cela peut changer la façon d'habiter la douleur. Que le Christ soit le compagnon au coeur de l'absurde, personne ne peut vous l'arracher. Mais je reconnais que Je ne pourrais avoir cette sureté de la presence du Christ si, par ailleurs, je n'avais la presence des proches et des amis qui font de leur mieux, à travers des gestes élementaires et presque dérisoires pour faciliter le quotidien. II y a des personnes qui disent que la douleur permet de s'unir aux souffrances de la Passion. A ceux-la, j'ai envie de répondre : seul celui qui souffre peut affirmer celà. Personne ne peut Ie dire à sa place ou lui imposer cette manière de vivre sa douleur. Néanmoins, cela a toujours été pour moi un soutien incroyable que de penser à la Croix, et il faut parfois que je me force pour aller jusqu'au bout, jusqu'à la Resurrection. A moins de penser que le Crucifié est déjà vainqueur de la mort. Et qu'alors chacun de nous peut être déjà vainqueur tout en étant totalement vaincu. S'unir à la Passion quand on souffre terriblement sur un lit d'hopital peut se matérialiser de façon élémentaire: c'est prendre sur soi pour dire bonjour a l'infirmière, par exemple. C'est sortir de sa douleur. C'est ce que fait le Christ sur la Croix quand il console le bon larron en lui donnant rendez-vous au paradis. »

Véronique Margron , Doyenne de l'Université Catholique de l'Ouest - Interwiew de Jean Mercier- La Vie- 2010

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II - Un chemin d'ouverture

La souffrance des êtres humains vient de leur manière de percevoir la vie et les événements extérieurs.
On peut souffrir ou ne pas souffrir face à un évènement en fonction de notre degré de conscience et de notre interprétation de la réalité.
Ce n’est donc pas sur la réalité extérieure qu’il faut agir, nous dit Anthony de Mello, mais sur notre manière de penser et de percevoir la vie.

La spiritualite...ce n'est pas de savoir ce que vous voulez mais de comprendre ce dont vous n'avez pas besoin!
( Anthony de Mello)

 

A propos Anthony de Mello

Jésuite d'origine indienne, Anthony de Mello (1931-1987) a su harmoniser l'hindouisme, la psychothérapie et la tradition ignatienne dans une spiritualité neuve et efficace.
Maître spirituel et écrivain généreux, il est notamment l'auteur de Quand, la conscience s'éveille (Albin Michel). Anthony de Mello bouscule les idées reçues
. Aux réformateurs sociaux et aux humanistes, croyants ou non, il propose une attitude fondamentale, "la mystique de l'action désintéressée",
qu'il juge indispensable à quiconque veut contribuer à édifier une société plus juste et plus humaine.
Anthony de Mello nous invite à nous dépouiller de tout système de croyances, de toute idéologie, de toute dépendance, et à naître ainsi à l'amour, à la liberté, à la solitude.

 
Quand la conscience s'éveille. Anthony de Mello
envoyé par Connaissances2.

La même vidéo avec RealPlayer

http://www.connaissancessansfrontieres.net/

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III - CHEMIN DE TRAVERSE en Recherches.

SACRIFICE OU MEURTRE
D'Abraham au Golgotha

Un livre décapant et marginal qui donne une autre piste que la piste habituelle....

"Si cela avait été la volonté de Dieu que son fils vienne sur terre pour souffrir et mourir,
il aurait fallu des hommes pour réalisser ce plan dans la matière.
Dans cette perspective, tous ceux qui haïssaient, calomniaient, trahissaient Jésus
n'auraient été que des exécutants indispensables de la volonté de Dieu"
Ernest Schmitt
Editions du Graal - Paris, Stuttgart!

La crucifiction de Jésus était-elle un terrible crime de l'humanité envers le Fils de Dieu?
Ernest Schmitt prend appui sur les événements de l'Ancien Testament et les relations du Nouve au testament et se réfère aussi aux manuscrits de la Mer Morte.
La situation historique, politique et religieuse d'alors justifie sa présentation des faits qui montre que, dès le début, les attaques et le procès contre Jésus avaient pour unique but de faire taire celui qui, en napportant la Vérité,
dévoila les erreurs. Le plan de secours du Créateur ne prévoyait nullement la fin tragique de Jésus. L'Ancienn Testament était une prémonition de ce qui allait arriver à celui qui apporterait une libération d'un Nouveau Royaume pas encore programmée avant lui par les dirigeants spirituels de l'époque.
Ernest Schmitt explique pourqoui la notion de la mort expiatoire et frédemptrice de Jésusu est une grave méconnaissnace de sa vraie mission. Ses justifications nous cobduisent hors des nombreuses erreurs qui nous accablent depuis le Golgotha !

On peut relire avec un certain intérêt les pages de ce site consacrées à la souffrance qui a souvent été souvent mal interprêtée et de façon morbide plus que Rédemptrice!!! ( Voir ce thème dans les dossiers "Manifestes")

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ATTENTION AU DOLORISME SACRIFICIEL...


AIMER SANS PERDRE LA RAISON
( Inspiré d'une célèbre chanson de jean Ferrat :
"Aimer à perdre la raison" et du film des moines de Tibérine: "Des hommes et des dieux")

La plus grande preuve d'amour,
Est-ce bien donner sa vie,
Présence vide aux alentours,
Mourir plus que donner la vie ?

Je m'en suis souvent étonné:
Pourquoi donner la meilleure part
A la passion momentanée ?
Aimer en soi est un autre art !
L'Amour-passion est bien fragile.
L'Amitié, complice à long terme,
Amour s'y ancre plus facile
Amour-écho est meilleur germe.

Pierfetz©

On s'est servi d'une traduction erronée en écrivant, selon St- Jean 15/13 :
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime"
En réalité,le grec" thè" ( de tithèmi = poser) veut dire "exposer sa vie".
La Vulgate emploie aussi "ponere=poser"
Ce qui est déjà héroïque mais pas excessif à désirer en mourir avec certitude...
Alors qu'il s'agit de prendre un risque de mort en sauvant l'aimé(e) ou la "Cause" .
Pas question de se noyer soi-même en sauvant l'autre si l'on ne sait pas nager !!!
J'ai toujours mal accepté les boucs émissaires, les humains et les agneaux immolés selon des rites millénaires...
Le sacrifice a toujours été et reste encore un témoignage qui me heurte dans l'éloge qu'on en fait...
Les autres ont-ils toujours besoin de notre propre sacrifice?
Ils peuvent aussi avoir besoin de nous avoir en vie.
La Résistance est parfois préférable au suicide mystifié du martyre auréolé ou du Kamikaze sacré!!!

P.F.


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